A27-Fiche synthétique pré-collecte-collecte

Re-Sources

21 avril 2021

Les modèles de pré-collecte existants sont soumis à de lourdes contraintes d’ordre technique et financier. Ils sont souvent économiquement et techniquement peu viables. Les ONG, les associations et les privés qui interviennent dans le service de pré-collecte sont en général limités dans leurs prestations par manque de moyens financiers et matériels et par une faiblesse dans l’organisation du travail et de la gestion administrative. Le modèle qui prévaut à l’heure actuelle prévoit l’enlèvement des ordures par une organisation privée, auprès des ménages et des services payant un abonnement. Le tarif est fixé en général en fonction du nombre d’enlèvements hebdomadaire. Ce système a l’avantage de relier directement le client à son prestataire. Il a l’inconvénient de nécessiter une démarche de recherche de clients : ce ne sont pas tous les ménages de la commune qui s’abonnent au système de pré-collecte. Le matériel roulant utilisé est le plus souvent à traction humaine ou animale, ce qui limite la zone de couverture du service et le nombre d’interventions journalières
Plateforme-Re-Sources
P 1
2014
Figure N°1 : Charrette à traction asine et charrette à traction motorisée
Plateforme-Re-Sources
P 2
2014
Quelques expériences de renforcement de la pré-collecte
Expérience du Projet Environnement Urbain de Lomé (PEUL)
PEUL est un projet initié par la Mairie de Lomé dont l’objectif principal est d’améliorer durablement le système de drainage des eaux pluviales et la gestion des déchets solides. Cet objectif devrait être atteint par un renforcement des capacités de la Direction des Services Techniques (DST) et par une amélioration du cadre de contractualisation du service de la gestion des déchets solides en partenariat avec les associations, les ONG et les privés.
Ce projet, qui a été soutenu par un financement de l’AFD (Agence Française de Développement), a permis de réduire de façon très significative le nombre de dépotoirs intermédiaires dans la ville et surtout le nombre de dépotoirs sauvages dans les zones insalubres (Figure N° 2). Les capacités de la Mairie de Lomé, en particulier dans les domaines de la gestion financière et de la gestion des services publics, sont aujourd’hui améliorées. Les services de pré-collecte, de collecte et de la gestion de la décharge finale sont confiés aux associations, aux ONG et aux privés par contractualisation avec la Mairie. Les associations et les ONG qui assuraient auparavant ces services ont bénéficié d’un appui du projet pour renforcer leurs capacités (Figure N°3). Le nombre d’abonnés pour le service d’enlèvement des déchets a alors presque doublé (avec un taux d’abonnement estimé à plus de 70 %) et la propreté de la ville de Lomé s’est améliorée. Toutefois, quelques difficultés persistent dans la gestion technique et financière des services de la voirie. De même, l’agrandissement sans cesse des limites de la ville complique la situation de la collecte dans les zones périphériques. Les montants fixés dans les contrats entre les structures et les ménages ne permettent pas aux structures d’assurer la maintenance régulière du matériel roulant, ce qui amène à une irrégularité dans la prestation du service ; on note actuellement une réapparition des informels du service de pré-collecte avec payement immédiat.
Figure N°2 : Eradication d’un dépotoir sauvage dans un quartier périphérique de Lomé
Figure N°3 : Matériels roulants sélectionnés par le projet pour les structures de pré-collecte
des agents ; les montants payés par les ménages et les services abonnés à l’enlèvement de leurs déchets ne sont pas toujours à la hauteur des charges financières du service rendu.